Après le vol de bijoux, Emmanuel Macron nomme un nouveau président pour le Musée du Louvre

Emmanuel Macron a nommé Christophe Leribault à la tête du Louvre, faisant appel au président du château de Versailles pour redresser le musée le plus visité au monde après un vol de bijoux humiliant et des grèves du personnel. Leribault, choisi par le président français Emmanuel Macron, succédera à Laurence des Cars, qui a démissionné mardi. Cette dernière était vivement critiquée depuis le cambriolage, en octobre, de bijoux d'une valeur estimée à 102 millions de dollars, révélant de graves failles de sécurité au sein du musée. Les bijoux sont toujours portés disparus. Le ministère de la Culture a déclaré dans un communiqué : « La priorité de Leribault sera de renforcer la sûreté et la sécurité du bâtiment, des collections et des personnes, de rétablir un climat de confiance et de mener à bien, avec toutes les équipes, les transformations nécessaires pour le musée ». Leribault, 62 ans, est un historien de l'art spécialiste du XVIIIe siècle qui a précédemment dirigé le musée d'Orsay et le musée de l'Orangerie, tous deux à Paris, avant de prendre la direction du musée de Versailles en 2024. Il quittera son poste à Versailles pour occuper celui du Louvre. Il a été directeur adjoint du département des arts graphiques du Louvre de 2006 à 2012, a indiqué le ministère.

Depuis la mi-décembre, des grèves pour protester contre les salaires et les conditions de travail ont entraîné la fermeture répétée du Louvre, tandis que des fuites d'eau et une affaire présumée de fraude à la billetterie, qui, selon le parquet, a permis de détourner plus de 10 millions d'euros en dix ans, ont également jeté une ombre sur l'une des principales attractions touristiques de Paris. Un rapport des auditeurs d'État publié l'an dernier exhortait la direction du Louvre, qui abrite la Joconde de Léonard de Vinci, à réorienter les dépenses consacrées aux acquisitions vers des travaux de sécurité et d'infrastructure qui n'ont que trop tardé à être réalisés.

Le rapport a mis en lumière des retards persistants dans le déploiement des équipements de sécurité, indiquant que seulement 39 % des salles de ce vaste musée – qui a accueilli plus de 8,7 millions de visiteurs l'année dernière – étaient équipées de caméras de vidéosurveillance en 2024. Une enquête parlementaire plus récente a qualifié le Louvre d’« État dans l’État ». Son président, Alexandre Portier, a déclaré que le cambriolage avait révélé des « défaillances systémiques », un « déni du risque » et une direction « actuellement défaillante ». Suite à la démission de Des Cars, 59 ans, mardi, le cabinet de Macron a déclaré que le musée avait besoin de « calme et d'une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des projets majeurs impliquant sécurité et modernisation ». Des Cars, nommé en 2021, a reconnu un « terrible échec » quelques jours après le cambriolage, admettant que la couverture des caméras de sécurité des murs extérieurs du musée était « très insuffisante » et ajoutant : « Malgré nos efforts, nous avons échoué ».