Des manifestations contre l'utilisation de l'Intelligence Artificielle dans l'animation sont prévues au festival d'Annecy cette semaine. Une série de discussions liées à l'IA doivent avoir lieu au cours des 72 prochaines heures au marché MIFA du festival et on nous dit que de petits groupes de manifestants sont prêts à faire entendre leur voix. Les acteurs de l'industrie de l'animation sont extrêmement inquiets de l'impact de l'IA sur le marché du travail. Les principales craintes concernent les licenciements liés à l'automatisation croissante des processus d'animation, ainsi que les questions de droits d'auteur. La semaine dernière, le média français Écran Total a rapporté qu'une coalition de syndicats, de fédérations et d'organisations internationales des secteurs de l'animation, du jeu vidéo et d'autres secteurs prévoyait une réunion en plein air à proximité du hub Bonlieu du festival à Annecy jeudi : « pour attirer l'attention sur l'impact destructeur de l'intelligence artificielle générative sur l'industrie mondiale de l'animation. »
Le groupe prévoit lire une déclaration dont des extraits ont été rapportés par Écran Total. « C'est un fait indéniable : l'industrie du cinéma d'animation souffre énormément depuis plusieurs années », peut-on lire, citant des défis tels que « des licenciements massifs, des délocalisations d'emplois, des fusions, des liquidations et des mises sous séquestre qui entraînent la fermeture de studios et des budgets de plus en plus restreints ». « L'essor rapide de l'IA générative dans l'animation est motivé par la conviction qu'il s'agit d'une réponse à la crise », poursuit le communiqué, ajoutant : « L'IA générative n'est ni un outil, ni efficace ni rentable. C'est une machine à copier biaisée, destructrice et coûteuse à exploiter. (…) Elle met en danger les professions créatives et techniques de chacun des secteurs cités, ce qui entraînera à terme non seulement une perte inévitable de connaissances et de talents, perdue à jamais, mais aussi la privatisation de tous les processus artistiques et de la pensée elle-même. »
Parmi les signataires de la déclaration figurent l'association américaine The Animation Guild, l'ABRAC.A. (Association regroupant les auteurs et créateurs d'animation) de Belgique, l'AGrAF (Association française de l'animation) et les organisations de scénaristes La Guilde et Le Syndicat des Scénaristes. Quelque 18 000 professionnels et étudiants de l'animation sont présents à Annecy cette année, et alors que l'IA devrait bouleverser leur avenir, c'est un sujet majeur alors que le marché MIFA démarre mardi. « On a l'impression d'être cuits », a déclaré un cadre supérieur de l'animation sur le terrain. « On parle de perdre 50 % des effectifs ». Ce n'est pas la première fois que des inquiétudes liées à l'IA frappent Annecy. L'année dernière, le public avait hué la projection du clip français « Étoile Filante » de Chien Méchant, réalisé grâce à un logiciel d'IA générative.
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