L'astronaute française Sophie Adenot décolle bientôt pour l’ISS

La NASA a annoncé que la mission Epsilon de Sophie Adenot, initialement prévue pour la mi-février, pourrait désormais être lancée dès le 8 février depuis la Floride. L'agence spatiale a également confirmé que la mission durera neuf mois au lieu des six mois habituels. Ce changement resserre un calendrier d'entraînement et de lancement déjà très chargé pour le pilote d'essai de 43 ans, qui fait partie du corps des astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA). La NASA avait précédemment prévu le lancement « pas avant le 15 février » 2026 à bord d'une capsule Crew Dragon de SpaceX dans le cadre de la mission Crew-12. Suite au retour anticipé de la mission Crew-11, les planificateurs américains étudient actuellement des options pour avancer le lancement de plusieurs jours afin de maintenir une présence humaine continue à bord de la station. Cette prolongation à neuf mois fait de cette mission l'un des séjours les plus longs jamais confiés à un astronaute européen à bord de l'ISS. Adenot a déclaré qu'elle se préparait à « un marathon, pas à un sprint » en microgravité, avec une charge de travail plus importante en matière d'expériences scientifiques pendant la durée de la mission. Ces changements font suite à la première évacuation médicale de l'histoire de l'ISS, qui est habitée sans interruption depuis plus de 25 ans. Quatre membres de la mission Crew-11 de la NASA ont amerri dans l'océan Pacifique au large de San Diego après que leur vol ait été écourté d'environ un mois en raison d'un problème de santé affectant l'un des astronautes. La NASA n'a pas identifié le membre d'équipage ni donné de détails sur le diagnostic, indiquant que son état est stable et que le retour était une précaution pour permettre des examens médicaux complets au sol. Les médecins de l'agence ont évoqué un « risque persistant et une incertitude persistante » concernant le diagnostic, ce qui a conduit à une décision mûrement réfléchie plutôt qu'à une évacuation d'urgence.

Ce départ prématuré a laissé l'ISS avec seulement trois résidents et a accru la pression pour envoyer l'équipage 12, comprenant Adenot, afin de rétablir un équipage complet et opérationnel. Adenot sera lancé à bord d'une capsule Crew Dragon de SpaceX avec les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway et le cosmonaute russe Andrey Fedyaev. Meir a été nommé commandant de la mission. Hathaway pilotera la capsule, tandis qu'Adenot et Fedyaev seront les spécialistes de mission. Ce vol fera d'Adenot la deuxième Française dans l'espace, plus de 30 ans après les missions de Claudie Haigneré dans les années 1990. Elle sera également la première astronaute française à visiter l'ISS depuis la mission Alpha de Thomas Pesquet en 2021. Durant son séjour, Adenot devrait superviser des dizaines d'expériences européennes et françaises, notamment des travaux sur la biologie végétale, la physiologie humaine et des tests technologiques liés aux futures missions lunaires dans le cadre du programme Artemis de la NASA. En orbite à environ 400 kilomètres au-dessus de la Terre, l'ISS est utilisée pour des recherches qui ne peuvent être menées au sol, notamment des études sur le corps humain en apesanteur. Les équipages sont formés aussi bien pour les travaux scientifiques que pour les situations d'urgence, y compris les situations médicales comme celle qui a conduit au retour prématuré de l'équipage 11.

Cette station est l'un des derniers lieux de coopération structurée entre les États-Unis et la Russie depuis la guerre en Ukraine, la NASA, Roscosmos , l'ESA, la JAXA et l'Agence spatiale canadienne y contribuant toutes en fournissant des modules, des vaisseaux cargo et des équipages. Des équipages mixtes continuent de se relayer à bord de la station, les vaisseaux spatiaux américains transportant des cosmonautes russes et les capsules russes Soyouz transportant toujours des astronautes de la NASA. En service depuis 2000, l'ISS a accueilli plus de 200 personnes originaires d'une vingtaine de pays. La NASA et ses partenaires prévoient de l'exploiter jusqu'à la fin de la décennie, avant de la guider vers une rentrée atmosphérique contrôlée au-dessus du « cimetière de vaisseaux spatiaux » isolé du Pacifique connu sous le nom de Point Nemo en 2031.