Les spectacles de l'humoriste Ary Abittan perturbés

La tension était palpable ce mercredi soir aux abords et à l’intérieur du Pasino de Hyères. Alors que l’humoriste Ary Abittan se produisait sur scène, la soirée a été marquée par plusieurs incidents.  Plusieurs dizaines de militantes féministes s’étaient rassemblées devant l’établissement pour protester contre la venue de l’artiste. « La honte, la honte, stop à la culture du viol », ont scandé haut et fort durant plus d’une trentaine de minutes, ce mercredi peu avant 20 h 30, un groupe d’une quarantaine de citoyens et féministes à l’entrée de l’auditorium du Pasino. Dans le viseur, l’humoriste Ary Abittan qui donnait une nouvelle représentation de son nouveau spectacle Authentique, organisé par une société privée évènementielle, devant plus de 400 spectateurs. Le non-lieu prononcé par la justice en avril 2024 et confirmé en appel par une décision en janvier dans le cadre d’une affaire d’accusation de viol en 2021 n’ont pas suffi à convaincre des militantes féministes qui, comme dans d’autres villes en France où le comédien est programmé, ont perturbé l’arrivée des spectateurs.

En présence d’un dispositif de police (nationale et municipale) pour contenir tous débordements, un petit groupe qui s’est formé peu avant 20 h a été tenu, dans le calme, à l’écart de l’entrée des spectateurs. Pancartes explicites en main : « Derrière vos rires et vos larmes, la culture du viol ne fait pas rire », « plus de sales connes, moins de violeurs », « fière de vivre avec une salle conne ». Ces femmes et ces hommes toutes générations n’ont pas manqué de huer celles et ceux qui avaient décidé de se rendre au show de l’humoriste. Des spectateurs, imperturbables pour la majorité, qui, à l’image de cette femme « n’éprouvait aucun sentiment de culpabilité, la justice a rendu un non-lieu ».

Mais pas pour le groupe de militants en profond désaccord avec la mise sur le devant de la scène du comédien qui bénéficie « d’une ordonnance de non-lieu ». « Cela n’est pas un acquittement, mais juste la fin des poursuites judiciaires » pour cette militante. Pour Marie, une des manifestantes membres d’une collective La RAJE pou Révolte anti patriarcat justice émancipation, « un non-lieu, cela ne blanchit pas un homme ». « C’est l’éternelle victimisation en retour, a-t-elle dénoncé. La culture du viol, cela signifie que toute la société est patriarcale, la justice, la police le sont. Nous sommes quand même à 94 % de viols classés sans suite ».