Une importante découverte préhistorique dans le Calvados

Des fouilles archéologiques dans le cadre de l’aménagement de la ZAC du Chemin de Clopée ont révélé de nombreuses découvertes, notamment la présence de vestiges mettant en évidence différentes occupations humaines depuis le néolithique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Soit près de 6 000 ans d’histoire ! Parmi ces sites trouvés, une découverte exceptionnelle : une tombe dite « princière », datée de 1 800 à 1 600 ans avant notre ère. Son vaste caveau devait être surmonté d’un monument funéraire dont aucune trace n’a été conservée. L’individu y est allongé sur le dos, la tête à l’est. C’est à cette période que l’essor des sépultures individuelles, comme à Giberville, se développe. « « Les ensembles funéraires sont composés d'entre 5 et 15 tombes. Parmi ces sépultures, une se démarque. C'est ce qu'on appelle une tombe princière, parce qu'on a un ensemble de 14 pointes de flèche et un poignard en bronze. Ce sont des flèches particulières, très régulières, manifestement taillées par un maître artisan. En tout, nous avons une centaine de tombes », indique Emmanuel Ghesquière, le responsable des fouilles à Giberville pour l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Si la majorité des sépultures ne contient pas ou peu de mobilier funéraire, les « tombes princières » en sont particulièrement riches. À Giberville, la tombe a notamment livré un poignard en bronze avec une lame de 27 cm, des fragments de parures en ambre et 14 pointes de flèche armoricaines en silex, typiques de cette période dans l’Ouest de la France. « À cette époque, des deux côtés de la Manche, on assiste au développement d'une élite locale, qui utilise des codes communs. Les pointes de flèche, par exemple, sont utilisées comme des parures, révélatrices du statut du personnage, et pas comme un objet utilitaire. C'est une grande nouveauté à ce moment-là », précise le scientifique. Ces fosses ne sont pas encore datées. Selon les premières estimations, elles remontent à entre -5000 et -1000. Mais les prélèvements réalisés sur place devraient permettre d'en savoir davantage. S'engage désormais un travail post-fouilles de deux ans. Les fameuses pointes de flèches en bénéficieront également. « Ces pointes ont été préservées dans la terre. Quatre ont pour le moment été nettoyées. Nous allons observer s'il y a des goudrons, qui auraient servi à fixer ces pointes. On va aussi regarder s'il y a des frottements. Cela nous apprendra des choses », précise Emmanuel Ghesquière.

Une source affirme que ces objets devraient trouver une place au Musée de Normandie, à Caen. Ce n’est pas la première fois que de telles découvertes sont faites dans cette région normande. Déjà en juillet 2020, ces mêmes archéologues avaient découvert des vestiges de l’âge de bronze. Les investigations des archéologues ont concerné la période de la Seconde Guerre mondiale. Sur 2,2 hectares, un vaste ensemble défensif antiaérien des Allemands a été découvert et étudié, à parfois seulement 40 centimètres sous les cultures des champs.