Depuis juin, les anneaux olympiques trônent sur la Tour Eiffel. Les Parisiens et les nombreux touristes qui visitent cet édifice devront s’habituer à cette nouvelle configuration. D’autant qu’Anne Hidalgo a confirmé ce week-end qu’ils resteront donc en place sur le plus célèbre monument de Paris : « En tant que maire de Paris, la décision me revient et j’ai l’accord du CIO. Donc oui, ils vont rester sur la tour Eiffel », a-t-elle confié à Ouest-France lors d’un entretien. Mais l’idée divise non seulement ses administrés mais aussi les touristes... jusqu’aux descendants de l’illustre ingénieur. « La tour Eiffel, qui est devenue le symbole de Paris et de la France, a une vocation plus large que juste d’être associée définitivement à une organisation comme les Jeux olympiques », souligne ainsi Savin Yeatman-Eiffel, vice-président de l’association des descendants de Gustave Eiffel, auprès de BFMTV.
Il redoute en effet que l’installation définitive des anneaux empêche la promotion d’une autre cause importante. « Il ne nous paraît pas opportun que la tour Eiffel, devenue depuis sa construction il y a 135 ans le symbole de Paris et par extension de la France elle-même dans le monde, se voie adjoindre le symbole d’une organisation extérieure, de façon pérenne, quel qu’en soit le prestige », a écrit dans un communiqué l’Association des descendants de Gustave Eiffel (AGDE). Et d’ajouter : « Que les anneaux restent un peu plus longtemps que les Jeux paralympiques, pourquoi pas ? Nous n’y voyons pas d’inconvénient. Mais la tour Eiffel n’a pas une vocation d’antenne publicitaire. Anne Hidalgo aurait sûrement dû dire qu’elle souhaitait garder les anneaux olympiques, pas qu’elle l’avait décidé, et demander l’avis du Conseil de Paris et de personnalités compétentes ». Par ailleurs, une pétition en ligne, hostile à la mesure municipale, a recueilli près de 5.000 signatures: « La place des anneaux olympiques pendant ces Jeux était sur la tour Eiffel, mais une fois le temps de la fête passé, notre monument emblématique doit retrouver son naturel », défendent les signataires.
De son côté, Rachida Dati estime que le maintien des anneaux olympiques exige que « toutes les procédures et consultations » soient « respectées », a affirmé dimanche la ministre de la Culture démissionnaire Rachida Dati, au lendemain de l’annonce du projet par la maire de Paris. « Les Jeux olympiques et paralympiques sont un moment de joie qui rassemble tous les Français. La protection de notre patrimoine commun sur la durée les unit également », écrit celle qui est aussi ministre démissionnaire de la Culture. Elle demande le respect du « geste architectural », de « l’œuvre » et indique qu’une telle modification nécessite « une autorisation de travaux et une évaluation de l’impact ». La maire du VIIe arrondissement indique que l’accrochage des anneaux avait été « exceptionnellement » exempté de ces règles « par la loi olympique » et parce qu’il s’agissait d’une installation « temporaire ». Si Anne Hidalgo obtient gain de cause, les anneaux devraient être remplacés par une structure moins lourde.
