Gisèle Pelicot parmi les femmes de l’année 2025 pour le magazine Time

Gisèle Pelicot parmi les femmes de l’année 2025 pour le magazine Time

Par XYyjQkQ2mA22 février 20254 min de lecture

Le magazine Time a retenu Gisèle Pelicot parmi douze autres femmes, dont l'actrice Nicole Kidman, deux sportives de haut niveau, la gymnaste Jordan Chiles et la basketteuse A'ja Wilson, auxquelles il a réservé sa Une, ou encore Amanda Zurawski, une femme victime d'un défaut de soins après une fausse...

Chaque hiver, le magazine Time réfléchit aux Femmes de l'année et nous nous posons la même question : quels sont les problèmes les plus importants auxquels sont confrontées les femmes et les filles du monde entier en ce moment ? Les défis sont nombreux, de la violence sexiste aux atteintes aux droits des femmes en passant par les dangers d'un climat instable. Gisèle Pélicot figure parmi les 13 femmes figurant sur la liste de cette année. Sans l’aide d’un agent de sécurité dans un supermarché d’une petite ville, le monde n’aurait peut-être jamais entendu parler de Gisèle Pelicot, et en fait, elle serait peut-être restée dans son esprit une mère de trois enfants et grand-mère de sept petits-enfants, confortablement retraitée dans la Provence parfaite avec son mari de plus de 50 ans, Dominique Pelicot. Au contraire, l’arrestation de Dominique en 2020, pour avoir filmé en cachette les jupes de femmes qui faisaient leurs courses, a brisé le vernis de la tranquillité familiale, aboutissant à un procès pour viol en 2024 comme la France, et une grande partie du monde, en avait rarement vu. Les preuves étaient aussi accablantes qu’effrayantes : la police a trouvé plus de 20 000 photos et vidéos sur l’ordinateur portable et d’autres appareils de Dominique montrant Gisèle, droguée jusqu’à l’inconscience par son mari, violée sur leur lit par plus de 70 hommes différents à son insu pendant près d’une décennie ; Dominique a marqué un dossier de vidéos simplement « Violence ».

Les horreurs et la réaction de Gisèle ont fait la une des journaux du monde entier, car elle a choisi de renoncer à son droit légal à l'anonymat. Lorsque Dominique Pelicot, 72 ans, et 50 autres personnes ont été condamnées en décembre dernier pour viol, tentative de viol ou agression sexuelle, Gisèle était passée de l'ombre à l'icône mondiale de la campagne contre les violences sexuelles, braquant un microscope profondément troublant sur ses recoins les plus sombres. Gisèle, 72 ans, a tenu à assister à l’intégralité du procès, qui a duré trois mois, vêtue de chemises cintrées et d’écharpes fines. Elle a insisté pour assister à la totalité du procès et pour que les images horribles soient diffusées en public devant ses agresseurs. Pour de nombreux Français, elle incarne l’héroïsme : une personne ordinaire qui accomplit des actes extraordinaires. Des milliers de personnes ont manifesté leur soutien. Des fresques murales représentant son visage ont été installées dans tout le pays. Une banderole a été accrochée aux anciens remparts d’Avignon sur laquelle on pouvait lire « merci Gisèle ». Après le verdict, elle a reconnu son importance, déclarant à des centaines de journalistes : « Je pense à toutes les autres victimes dont les histoires restent inconnues… Nous partageons le même combat ».

Selon une étude parlementaire française réalisée en janvier, seulement 20 % des victimes de viol portent plainte. Parmi ces affaires, environ 94 % sont classées sans suite, selon une étude réalisée l’année dernière. Contrairement aux États-Unis et à de nombreux pays européens, la France ne définit pas le viol comme un rapport sexuel sans consentement, mais plutôt comme un rapport sexuel commis par violence, surprise, contrainte ou menace. Les avocats affirment que cette définition étroite complique les affaires de viol ; le Parlement français débat actuellement de la manière de la modifier. Les agresseurs de Gisèle Pelicot, dont beaucoup sont des pères et des maris, dont une infirmière, un journaliste et des chauffeurs de camion, ont fait valoir que les invitations de Dominique à avoir des relations sexuelles avec sa femme inconsciente semblaient aussi valables que sa permission, et 17 d’entre eux ont depuis fait appel de leur condamnation. « Ces hommes ont regardé ces vidéos et ont dit : "Ce n’est pas un viol" », a déclaré l’avocat de Gisèle, Antoine Camus, à Time, en secouant la tête avec consternation. Il pense que l’attention intense portée à sa cliente pourrait enfin forcer des changements juridiques. « C’est la première fois en France qu’on mène une réflexion approfondie sur ce sujet, dit-il. Je pense qu’il y aura un « avant » et un « après » de ce procès. »

 

 

 

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