Quelque 150 chefs d'État et de gouvernement du monde entier ont commencé à prendre la parole mardi 20 septembre à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, grand-messe diplomatique annuelle qui reprend en présentiel après deux années perturbées par le Covid-19. Ce mardi, les présidents sénégalais Macky Sall, brésilien Jair Bolsonaro et turc Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, ou encore le chancelier allemand, Olaf Scholz vont se succéder à la tribune de l’ONU. Cette semaine de haut niveau compte en revanche quelques absents de marque, en particulier les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping. Quant à Emmnuel Macron, chef de l’exécutif français, il doit être à la tribune mardi en milieu de journée. A en croire l’Elysée, il va insister sur la nécessité de prévenir la « fracturation » entre pays du Nord et du Sud. Aussi, le chef de l'État organisera un dîner sur ce thème avec plusieurs autres dirigeants.
L’Assemblée générale des Nations unies sera donc l’occasion de constater que la guerre en Europe n’a pas polarisé le monde autour de deux blocs, « les pro et anti-Poutine » pour schématiser, mais que le conflit suscite aussi une importante vague de neutralité. Le quotidien français Le Monde détaille ainsi ce bloc de “non-alignés” pour reprendre un vocabulaire de l’époque de la Guerre froide : « Un groupe hétérogène, représenté par l’Inde, des pays asiatiques, africains, comme l’Afrique du Sud, du Moyen-Orient et de l’Amérique du Sud, qui ne veulent pas choisir leur camp, et s’inquiètent des conséquences diplomatiques, alimentaires et énergétiques de cette guerre sur le continent européen ». Un bloc de neutralité au sein duquel figurent de nombreux pays en développement horripilés notamment par l’inaction climatique des pays les plus riches, principaux responsables du réchauffement de la planète. À deux mois de la conférence sur le climat de l'ONU COP27 en Égypte, il serait étonnant que cette crise climatique ne soit pas en bonne place dans l'allocution d'Antonio Guterres, qui a fait de la lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier celles des producteurs d'énergies fossiles, une de ses priorités.
En parallèle à ce sommet mondial, quelque 238 organisations non gouvernementales locales et internationales ont appelés, mardi, les dirigeants réunis à la 77e Assemblée générale des Nations Unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à la spirale de la faim dans le monde, crise provoquant la mort d'une personne « toutes les quatre secondes » a-t-on appris d'un communiqué de presse. Le document note que « des organisations de 75 pays ont signé une lettre ouverte exprimant leur indignation face à la montée en flèche des niveaux de faim et des recommandations d'action. Un nombre impressionnant de 345 millions de personnes souffrent désormais de faim aiguë, un nombre qui a plus que doublé depuis 2019 ».
