Le président Emmanuel Macron a confirmé cette décision ce week-end, informant les militaires français que le programme avait été approuvé cette semaine. « La décision de lancer en réalisation ce très grand programme a été prise cette semaine », a-t-il précisé lors du Noël avec les troupes à Abou Dhabi, actant donc la mise en œuvre d’un chantier annoncé de longue date. Cette annonce ouvre la voie au passage de la phase de conception, qui a duré de nombreuses années, à la phase d'exécution du projet, connu sous le nom de Portes-Avions de Nouvelle Génération (PA-NG). Le nouveau porte-avions est destiné à remplacer le Charles de Gaulle, unique porte-avions français, entré en service en 2001 et dont le retrait du service est prévu pour la fin des années 2030. Avec un tonnage d'environ 78 000 tonnes, le PA-NG sera nettement plus imposant que son prédécesseur et, une fois construit, deviendra le plus grand navire de guerre jamais construit en Europe. Les autorités françaises de la défense ont indiqué que le porte-avions sera équipé de trois systèmes de catapultage électromagnétiques et de trois systèmes d'arrêt avancés, fournis par la société américaine General Atomics dans le cadre d'un contrat d'une valeur de 39,6 millions d’euros. Ces systèmes, déjà en service sur les porte-avions de la classe Gerald R. Ford de l'US Navy, permettront à la Marine nationale française d'opérer une plus large gamme d'aéronefs, incluant des chasseurs plus lourds de demain ainsi que des systèmes aériens sans pilote plus légers.
Le porte-avions devrait embarquer plus de 40 aéronefs, dont des chasseurs Rafale M, des avions de guet aérien E-2D Hawkeye, des hélicoptères et des drones. À terme, il est également destiné à soutenir les futurs avions de combat de nouvelle génération développés par la France dans le cadre du programme FCCAS (Future Combat Air System). Les études préliminaires indiquent un pont d'envol considérablement agrandi, d'environ 17 000 mètres carrés, offrant une cadence de lancement et une flexibilité opérationnelle supérieures à celles du porte-avions Charles de Gaulle.
La propulsion sera assurée par deux nouveaux réacteurs nucléaires K22, développant chacun environ 220 mégawatts de puissance électrique pour alimenter les systèmes entièrement électriques du navire ainsi que les équipements de lancement électromagnétiques. Si la confirmation de Macron témoigne d'un engagement politique, d'importantes étapes restent à franchir. Selon des informations parues en début d'année dans le secteur de la défense français, la commande officielle de construction devrait être passée avant la fin de 2025, les travaux de construction proprement dits devant débuter au début des années 2030. La pleine capacité opérationnelle est actuellement prévue pour 2038 environ.
