La France se dirige vers une période d’incertitudes politiques

La France se dirige vers une période d’incertitudes politiques

Par XYyjQkQ2mA05 décembre 20243 min de lecture

Le Premier ministre français Michel Barnier a été contraint de démissionner à peine trois mois après son entrée en fonction, après que des députés de gauche et de droite se soient unis pour soutenir une motion de censure et plonger le pays dans une instabilité politique plus profonde.

Au total, 331 députés sur 577 ont voté contre le gouvernement fragile de Michel Barnier, saisissant l'occasion de renverser le vétéran de la politique, et négociateur renommé, après sa tentative de faire passer en force une partie du budget annuel de son gouvernement lundi. Il s'agit du premier gouvernement français à être renversé par une motion de censure depuis 1962, et Barnier est désormais sur le point de devenir le Premier ministre français au mandat le plus court de l'histoire. Le cabinet de Barnier devrait désormais assurer l'intérim jusqu'à ce que le président français Emmanuel Macron nomme une nouvelle direction. Barnier devrait présenter officiellement sa démission à Macron jeudi matin, selon les médias français. Choisir un successeur s'avérera une tâche délicate, le président, de plus en plus vulnérable, étant contraint d'apaiser les législateurs des deux extrêmes de la politique française. Macron avait nommé Barnier à la tête d'un gouvernement minoritaire après des élections anticipées, convoquées par le président cet été, qui ont divisé le Parlement français en trois factions, chacune bien loin d'une majorité.

La situation avait immédiatement semblé intenable, et elle s'est effondrée au premier obstacle majeur, lundi, lorsque Barnier a été contraint d'utiliser un mécanisme constitutionnel qui contournait le vote au Parlement sur son budget 2025. Cela a permis aux députés rivaux de gauche, qui avaient depuis longtemps juré de le renverser, de présenter une motion de confiance en réponse, et le Rassemblement national d'extrême droite a soutenu la motion pour la faire passer mercredi. L'extrême droite avait également présenté une motion similaire. Lors du débat de mercredi à l'Assemblée nationale, Barnier a déclaré aux députés qu'il n'avait « pas peur », mais a prévenu que son éviction rendrait « tout plus difficile ». Mais il a été contraint de regarder les législateurs, les uns après les autres, demander son éviction.

Marine Le Pen, chef de file du Rassemblement national (extrême droite), a déclaré lors du débat que « l'obstination de Barnier à respecter le dogme et la doctrine l'a empêché de faire la moindre concession qui aurait permis d'éviter ce résultat ». La veille du vote, Barnier avait accusé l'extrême droite de chantage politique, affirmant qu'elle avait accepté ses concessions sur la hausse des taxes sur l'électricité et l'aide médicale aux sans-papiers avant d'en exiger davantage. Le leader d’extrême droite a été le principal antagoniste tout au long de l’ère Macron, le défiant lors de deux élections présidentielles et envoyant désormais le Premier ministre qu’il a personnellement choisi pour régler une crise latente. Elle a imputé la responsabilité de la chute du gouvernement Barnier à Macron. « C'est lui le premier responsable de la situation actuelle », a-t-elle déclaré après le vote. Macron « assumera ses responsabilités, il fera ce que sa raison et sa conscience lui dicteront », a-t-elle déclaré dans un entretien à TF1. Macron s'adressera à la nation jeudi soir à 20 heures, a annoncé l'Elysée.  La France se dirige vers la fin d’une année particulièrement instable, sans Premier ministre ni budget. Macron doit choisir un nouveau Premier ministre, mais il est difficile d’imaginer un candidat qui pourrait compter sur le soutien à la fois de la gauche et de l’extrême droite.

 

 

 

 

 

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