Prévu pour le 7 avril 2025 à Paris, le concert « Solidarité Congo » qui réunira les stars du rap et de la musique urbaine devrait se tenir le 22 du même mois. Gims, Youssoupha, Dadju et Gazo sont des têtes d'affiche de ce concert. Ce report était finalement intervenu suite aux polémiques que ce concert a suscitées dans le monde depuis qu'il a été annoncé. Et c'est la date de sa tenue qui pose problème, même si le projet a été jugé noble au départ. « Cette décision nous est imposée par les autorités administratives », avaient regretté les organisateurs qui avaient maintenu le concert malgré les polémiques autour de sa date. Et pour cause, la date du 7 avril choisie pour le concert est aujourd'hui au cœur d'une vive controverse, mettant en lumière des tensions entre les communautés congolaise et rwandaise.
D’autant que la date communiquée correspondait à la journée internationale de commémoration du génocide des Tutsis, qui a fait au moins 800 000 morts en 1994 au Rwanda. La municipalité parisienne avait réclamé au préfet de police Laurent Nuñez d’interdire ce concert craignant des conflits entre les deux communautés. L'objectif de ce concert est de récolter des fonds pour les enfants victimes de la guerre dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Il a d'ailleurs été soutenu au départ par l'UNICEF à qui les fonds récoltés devraient être versés pour venir en aide aux enfants touchés par la crise en RDC.
Depuis 30 ans, l’est de la RDC, région riche en ressources naturelles, et frontalière du Rwanda, est ravagé par des violences meurtrières impliquant une myriade de groupes armés et certains pays voisins. Ces violences se sont récemment intensifiées à la faveur de l’offensive éclair menée par le groupe armé M23, soutenu par des troupes rwandaises. Selon l’ONU, plus de 100.000 personnes ont fui la zone ces trois derniers mois. Ce conflit puise ses racines dans le génocide des Tutsis, la fuite en RDC de centaines de milliers d’Hutus, dont de nombreux génocidaires, et les guerres qui ont suivi. L’Unicef, l’agence onusienne de protection de l’enfance à qui devaient être reversées les recettes pour en assurer la redistribution, s’était retirée du projet alors que les organisateurs maintenaient encore la date du 7 avril. « L'UNICEF ne recevra aucune recette de l'événement et aucune personne associée à l'UNICEF ne participe au concert ». L'organisation onusienne a également réaffirmé son attachement aux principes humanitaires de neutralité, d'impartialité et d'indépendance. L'agence onusienne indique n'être pas en mesure de bénéficier d'un concert caritatif organisé lors de la journée de commémoration du génocide. Contactée par l’AFP, l’agence onusienne a indiqué que le report au 22 avril ne changeait rien à sa décision de se désengager.
