Le prix Nobel Muhammad Yunus condamné à six mois de prison

Le prix Nobel Muhammad Yunus condamné à six mois de prison

Par XYyjQkQ2mA01 janvier 20244 min de lecture

Le lauréat du prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, a été jugé coupable lundi d’avoir enfreint le droit du travail au Bangladesh, a rapporté un procureur à l’AFP.

Le prix Nobel Muhammad Yunus a été reconnu coupable de violation du droit du travail du Bangladesh dans une affaire décriée par ses partisans comme étant politiquement motivée. « Le professeur Yunus et trois de ses collègues de Grameen Telecom ont été reconnus coupables en vertu du droit du travail et condamnés à six mois de prison simple », a déclaré lundi le procureur principal Khurshid Alam Khan à l'agence de presse AFP. Il a ajouté que tous les quatre ont été immédiatement libérés sous caution en attendant leur appel. Yunus, 83 ans, est reconnu pour avoir sorti des millions de personnes de la pauvreté grâce à sa banque de microfinance pionnière, mais il s'est attiré l'inimitié du Premier ministre de longue date Sheikh Hasina, qui l'a accusé de « sucer le sang » des pauvres. Hasina a lancé plusieurs attaques verbales cinglantes contre le lauréat du prix Nobel de la paix 2006, mondialement respecté, qui était autrefois considéré comme un rival politique.

Yunus et trois collègues de Grameen Telecom, l'une des sociétés qu'il a fondées, ont été accusés de violation du droit du travail lorsqu'ils n'ont pas réussi à créer un fonds de protection sociale pour les travailleurs de l'entreprise. Tous les quatre nient les accusations. « Ce verdict est sans précédent », a déclaré à l'AFP Abdullah Al Mamun, avocat de Yunus. « Nous n'avons pas obtenu justice ». Yunus fait face à plus de 100 autres accusations pour violations du droit du travail et corruption présumée. Il a déclaré aux journalistes après l'une des audiences du mois dernier qu'il n'avait profité d'aucune des plus de 50 entreprises de social business qu'il avait créées au Bangladesh. « Ils n'étaient pas destinés à mon bénéfice personnel », a déclaré Yunus. Un autre de ses avocats, Khaja Tanvir, a déclaré à l'AFP que l'affaire était « sans fondement, fausse et mal motivée ». « Le seul but de cette affaire est de le harceler et de l'humilier devant le monde », a-t-il déclaré.

Irene Khan, ancienne directrice d'Amnesty International et aujourd'hui rapporteuse spéciale des Nations Unies, qui était présente lors du verdict de lundi, a déclaré à l'AFP que la condamnation était « une parodie de justice ». « Un militant social et lauréat du prix Nobel qui a apporté honneur et fierté au pays est persécuté pour des motifs frivoles », a-t-elle déclaré. En août, 160 personnalités mondiales, dont l’ancien président américain Barack Obama et l’ancien secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ont publié une lettre commune dénonçant le « harcèlement judiciaire continu » contre Yunus. Les signataires, dont plus de 100 autres lauréats du prix Nobel, ont déclaré craindre pour « sa sécurité et sa liberté ». Les critiques accusent les tribunaux bangladais d'approuver les décisions prises par le gouvernement Hasina, qui est presque certain de remporter un autre mandat la semaine prochaine lors d'élections boycottées par l'opposition. Son administration s'est montrée de plus en plus ferme dans sa répression de la dissidence politique, et la popularité de Yunus parmi l'opinion publique bangladaise l'a désigné pendant des années comme un rival potentiel. Amnesty international a accusé le gouvernement de « militariser la législation du travail » lorsque Yunus a été jugé en septembre et a appelé à la fin immédiate de son « harcèlement ». Les poursuites pénales contre Yunus constituent « une forme de représailles politiques contre son travail et sa dissidence », selon le communiqué.

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