Le roi Charles III prononce son premier discours du Trône à Ottawa

Le roi Charles III prononce son premier discours du Trône à Ottawa

Par XYyjQkQ2mA28 mai 20255 min de lecture

Le roi Charles III est passé dans le plus vaste de ses royaumes, le Canada. Pour marquer son passage au pays, il a lu le discours du trône. Pour une population canadienne dont 80 % des membres ont fait allégeance d’indifférence au roi.

« Comme nous le rappelle l’hymne national, le Grand Nord est bel et bien fort et libre ! » C’est sur cette note d’affirmation de la souveraineté du Canada que le roi Charles III a conclu le discours du Trône dans la Chambre du Sénat, à Ottawa, mardi avant-midi. Dans son allocution livrée tantôt en anglais, tantôt en français, le monarque de 76 ans a glissé quelques messages subtils adressés au président des États-Unis, Donald Trump. Le premier ministre canadien, Mark Carney, et lui, a-t-il dit, « ont tracé les premières lignes d’une nouvelle relation économique et de sécurité entre le Canada et les États-Unis, laquelle est ancrée dans un respect mutuel et repose sur le même intérêt à transformer leurs nations souveraines pour le mieux ». En même temps, le gouvernement Carney s’emploiera à bâtir de nouvelles relations « avec des partenaires commerciaux et des alliés fiables ». Le gouvernement canadien fera la « démonstration » de son leadership « dans ce monde nouveau, qui évolue à un rythme frénétique », pas plus tard qu’au Sommet du G7 à Kananaskis, en Alberta, à la mi-juin, a indiqué le roi devant un parterre fleuri de dignitaires, dont les anciens premiers ministres Justin Trudeau, Stephen Harper et Kim Campbell ainsi que les premiers ministres provinciaux Susan Holt (Nouveau-Brunswick) et Wab Kinew (Manitoba).

Le gouvernement participera d’ailleurs au plan ReArm Europe, un important projet d’approvisionnement en matériel de défense fabriqué en Europe. C’était la première fois en 48 ans que le monarque du Canada prononçait le discours du Trône. La reine Élisabeth II l’avait fait en 1957 et en 1977. Le roi Charles III et la reine consort Camilla, qui ont entamé leur tournée éclair à Ottawa lundi après-midi, ont quitté le pays tout de suite après leurs arrêts à la Chambre du Sénat et au Monument commémoratif de guerre du Canada. Le discours du Trône a mis en lumière les grandes priorités du nouveau gouvernement, dans le contexte où le Canada fait face à des « défis sans précédent » et se voit présenter « des occasions exceptionnelles de marquer un renouveau », a indiqué le roi en ouverture de son allocution. Tout au long du discours d’une vingtaine de minutes, Charles III a réaffirmé les nombreuses promesses faites par l’ex-banquier Mark Carney, qui a reçu le mandat de former un gouvernement minoritaire le 28 avril dernier. Concernant le coût de la vie, le gouvernement baissera les impôts pour la classe moyenne, comme promis au premier jour de la campagne électorale.

L’État canadien entend également s’astreindre à une « nouvelle discipline fiscale » afin de ralentir considérablement la croissance annuelle des dépenses courantes, pour la faire passer de 9 % à 2 %, et d’équilibrer son budget de fonctionnement au cours des trois prochaines années. Le gouvernement entend y parvenir « en réduisant le fardeau administratif, en plafonnant les effectifs au sein de la fonction publique, en éliminant les dédoublements et en déployant des technologies pour accroître la productivité du secteur public », mais pas en comprimant les transferts aux provinces, a déclaré le roi Charles III. Le souverain a souligné, dans un bon français, que « la langue française et la culture québécoise sont au cœur de l’identité canadienne ». « Elles définissent le pays que les Canadiens, les Canadiennes et moi aimons tant. Le Canada est un pays où l’on respecte et célèbre les langues officielles et les langues autochtones », a-t-il déclaré, tout en rappelant du même souffle que le gouvernement Carney est « déterminé à protéger les institutions qui font rayonner ces cultures et cette identité dans le monde entier », y compris CBC/Radio-Canada. Le roi a également indiqué que le gouvernement dirigé par le premier ministre Mark Carney « protégera toujours les droits et les libertés que la Charte garantit à l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes ». Une charte que brandissent les opposants aux lois sur la laïcité de l’État québécois et sur la langue officielle et commune du Québec, le français. Le monarque a également souligné la nécessité de « rétablir la confiance des Canadiens à l’égard du système d’immigration » en restaurant son équilibre. Pour y arriver, le gouvernement fédéral plafonnera le nombre de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux admis au pays, à compter de 2027, à moins de 5 % de la population canadienne. Afin de bâtir « une seule économie canadienne », le gouvernement présentera aussi des projets de loi pour éliminer des obstacles fédéraux au commerce intérieur d’ici le 1er juillet. « Le gouvernement va s’appuyer sur ces progrès pour créer, d’ici la fête du Canada, un réel système de libre-échange à travers le pays », a indiqué le souverain. Le gouvernement entend accélérer le processus d’approbation des grands projets pour en assurer une mise en œuvre rapide en mettant sur pied le Bureau des grands projets fédéraux, qui ferait passer le délai d’approbation des projets de cinq à deux ans. À leur arrivée au sénat, le roi et la reine consort ont reçu le salut royal de la garde d’honneur, composée de 100 membres du 3e bataillon du Royal Canadian Regiment, et une salve de 21 coups de canon a été tirée. Des milliers de personnes étaient rassemblées derrière les barricades dressées aux abords des édifices du Parlement pour apercevoir le couple royal le long de la rue Wellington.

 

 

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