L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal élu à l’Académie française

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal élu à l’Académie française

Par XYyjQkQ2mA29 janvier 20263 min de lecture

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu à l’Académie française. Les membres de l’Académie l’ont choisi à 25 voix sur 26. Il succède à l’historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.

Les membres de l’institution se sont réunis à huis clos sous la coupole de leur illustre édifice des bords de la Seine à Paris, ce jeudi 29 janvier, pour désigner un successeur à Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Leur choix s’est porté sur Boualem Sansal.Près de trois mois après sa libération de prison en Algérie, l’écrivain de 81 ans, qui s’est déclaré candidat au poste à la dernière minute le 8 janvier, figurait de loin comme le plus connu des six prétendants, parmi lesquels se trouvaient aussi Yves-Denis Delaporte, Jean-Yves Gerlat et Olivier Mathieu. La décision de lui attribuer le titre intervient alors qu’un premier vote pour ce même fauteuil (occupé par le passé par des personnalités illustres, comme Georges Clemenceau ou Roger Caillois) avait eu lieu le 11 décembre sans qu’aucun candidat n’obtienne la majorité, reportant de fait l’élection à une date ultérieure. En décembre, l’écrivain franco-algérien avait été honoré par l’Académie française, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca. Et ce, trois semaines seulement après sa libération, après la grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

La vie de cet ex-fonctionnaire a basculé en novembre 2025 après avoir été arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d’être emprisonné. En cause, des accusations d’« atteinte à l’unité nationale » après des déclarations au média d’extrême droite Frontières, auquel il assurait qu’une partie du territoire marocain aurait été tronquée au profit de l’Algérie. Son sort a considérablement ému en France, où une campagne a été lancée en faveur de cet adversaire acharné des djihadistes et critique féroce du pouvoir à Alger. À sa libération, il s’est, lui, montré reconnaissant, bien qu’un brin critique de son « ami » Bruno Retailleau, dont la stratégie a en quelques sortes été un « obstacle » à sa délivrance, selon lui. Il reste convaincu que ses écrits n’ont pas conditionné son emprisonnement. Auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999, Boualem Sansal a notamment reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour 2084. La fin du monde, un livre aux éditions Gallimard inspiré du chef-d’œuvre de George Orwell.

Dans Le français, parlons-en !, qu’il a publié aux éditions du Cerf en 2024, celui-ci détaillait déjà sa vision de la langue française, mission parmi d’autres de l’Académie. « Je crois qu’il faut redéfinir beaucoup, beaucoup de termes », a-t-il déclaré, ce lundi à Strasbourg, d’après des propos rapportés par l’AFP. Fondée en 1635 par Richelieu, l’institution rédige, par exemple, un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques. Pour y être élu, le candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages. Trois, voire quatre tours de scrutin peuvent être nécessaires pour l’atteindre. Au-delà, les académiciens décident de poursuivre ou d’abandonner le vote. Ce jeudi, il en a été autrement pour Boualem Sansal qui, comme le veut la tradition, se verra intronisé officiellement lors d’une cérémonie à huis clos, à l’issue de laquelle ce dernier se verra remettre le fameux habit vert brodé de rameaux d’olivier, ainsi qu’une épée.

 

 

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