Louis Schittly, co-fondateur de Médecins sans frontières et prix Nobel de la paix, est mort

Louis Schittly, co-fondateur de Médecins sans frontières et prix Nobel de la paix, est mort

Par XYyjQkQ2mA03 janvier 20253 min de lecture

Louis Schittly, médecin humanitaire et cofondateur de Médecins sans frontières (MSF), est décédé le 1ᵉʳ janvier à l’âge de 86 ans dans son village natal de Bernwiller, en Alsace.

Louis Schittly, co-fondateur de Médecins sans frontières, est décédé mercredi 1ᵉʳ janvier à Mulhouse dans le Haut-Rhin. Il avait 86 ans. Né en 1938 dans le Sundgau à Bernwiller, il a créé l'ONG Médecins sans frontières avec Bernard Kouchner et d’autres médecins visionnaires en 1971. Pendant plus de trois décennies, il exerce la médecine dans les zones les plus dangereuses du globe : au Biafra pendant la guerre civile nigériane, en Afghanistan et au Sud-Soudan. Sur place, il rencontre des médecins, qui, comme lui, « sont un peu fous et ne veulent pas s'installer avec une plaque, pour rentrer le pognon ». Louis Schittly est aussi parti au Vietnam, en Côte d'Ivoire, au Mali ou encore en Afghanistan. « Il a été le premier médecin français à réussir à pénétrer en Afghanistan pour soigner des gens à l'intérieur du pays, pas en périphérie ».

Son action avec MSF est couronnée en 1999 par le prix Nobel de la paix, une reconnaissance internationale du travail accompli par l’organisation. Sa quête spirituelle le conduit en 1981 vers l’Église orthodoxe, où il reçoit le nom baptismal de Grégoire, marquant ainsi un nouveau chapitre de sa vie. Louis Schittly était très attaché à ses racines alsaciennes. En 1975, il sort le film « D'Goda », fiction tournée principalement dans le village de Bernwiller par des acteurs amateurs. Vincent Froelhy explique « qu'il avait compris que la petite paysannerie était en train de disparaitre ». « Il va beaucoup nous manquer. Je crois qu'il était la belle Alsace. Celle qui était généreuse, ouverte, qui acceptait tout le monde. Il connaissait ses racines, son histoire et sa simplicité. Même les Alsaciens qui ne le connaissaient pas gagneraient à s'intéresser à un type comme Louis », a-t-il ajouté.

Sur sa propriété de Bernwiller, il fait construire une église de style byzantin, devenue un lieu de rassemblement pour la communauté orthodoxe de la région. Les murs de l’édifice sont ornés de remarquables fresques réalisées par le père Simon Doolan, héritier de la tradition iconographique de Léonide Ouspensky. En 2011, il publie chez Arthaud ses mémoires sous le titre évocateur « L’homme qui voulait voir la guerre de près », où il retrace son parcours entre médecine humanitaire et quête spirituelle. Son témoignage saisissant révèle un homme habité par la volonté de comprendre et de soulager la souffrance humaine. En novembre 2023, France 2 lui consacre un documentaire dans son émission « Orthodoxie », intitulé « Louis Schittly, un chemin de cœur et de foi », qui met en lumière ce parcours unique entre engagement humanitaire, spiritualité et attachement à sa terre natale. Jusqu’à ses derniers jours, il a mené une vie simple sur la ferme familiale de Bernwiller, entouré de ses animaux, incarnant jusqu’au bout ses valeurs d’humanité et de simplicité. Les funérailles seront célébrées samedi 4 janvier à 14h30 dans l’église de son village à Bernwiller suivies de l’inhumation au cimetière.

Partager cet article

Restez informé

Newsletter

Événements, tombolas, bons plans — directs dans votre boîte mail.

Sans spam. Désabonnement en 1 clic.