Nouvelle poussée de fièvre entre l’Algérie et la France

Nouvelle poussée de fièvre entre l’Algérie et la France

Par XYyjQkQ2mA15 avril 20254 min de lecture

La décision de l'Algérie d'expulser 12 membres du personnel consulaire français semble avoir mis fin aux espoirs d'un rapprochement imminent entre les deux pays.

Un appel téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et le président algérien Abdelmadjid Tebboune fin mars a été un premier signe d'une possible réconciliation après des mois de crise. Depuis, la visite à Alger, il y a une semaine, de Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères de Macron, a semblé confirmer une volonté des deux côtés de tourner la page. Mais cette escalade dramatique, la plus grande expulsion de personnel consulaire français depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, suggère que les voix anti-françaises sont toujours très fortes dans les cercles gouvernementaux d’Alger. En lisant entre les lignes, il est évident que la véritable cible des tirs algériens n’est pas Macron mais des éléments de son gouvernement, notamment le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Retailleau, un conservateur de droite qui ambitionne la prochaine élection présidentielle en France, s'est forgé une réputation pour ses déclarations radicales sur l'immigration, la loi et l'ordre et les relations avec l'Algérie. Alger affirme voir l'intervention de Retailleau dans l'arrestation de son agent consulaire. Elle accuse implicitement le ministre de l'Intérieur de tenter de saper l'approche plus « équilibrée » de Macron face à la crise relationnelle. Il est significatif que plusieurs des douze fonctionnaires expulsés soient issus du ministère français de l’Intérieur, et donc subordonnés à Retailleau.

Les commentateurs algériens attaquent régulièrement la droite et l’extrême droite françaises, les accusant d’avoir une influence excessive à Paris et de tenter d’empoisonner les relations. Mais ils sont récemment devenus plus indulgents envers Macron, même si c'est lui qui a personnellement précipité la crise en juillet dernier en déclarant un changement stratégique vers le Maroc, rival de longue date de l'Algérie. Depuis lors, la dégradation des relations est la pire depuis l’indépendance de l’Algérie. Les échanges commerciaux et de renseignements ont souffert et des mots amers ont été échangés à propos des influenceurs algériens anti-français sur Internet. La France a accusé l'Algérie de refuser de reprendre ses ressortissants expulsés et l'Algérie a accusé la France de harceler ses diplomates. Le signe le plus flagrant de cette rupture fut l’arrestation en novembre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à l’aéroport d’Alger. Agé de 80 ans et atteint d'un cancer, il a depuis été condamné à cinq ans de prison pour crimes contre la sécurité de l'État. Avant ces derniers développements, des espoirs s'étaient exprimés à Paris quant à la libération prochaine de Sansal, dans un « geste humanitaire » de Tebboune. Ces espoirs se sont désormais estompés.

Comme par enchantement, les deux Etats ont décidé de passer aux actes. Ainsi, ce mardi 15 avril, Emmanuel Macron a décidé d’expulser « douze agents servant dans le réseau consulaire et diplomatique algérien en France » et de rappeler pour consultations l’ambassadeur français à Alger Stéphane Romatet en représailles à des expulsions similaires annoncées par l’Algérie, a déclaré mardi l’Élysée. Dans le même temps, une source diplomatique française a précisé que les douze fonctionnaires français expulsés par l’Algérie sont « en route pour la France ». L’Élysée a par ailleurs accusé l’Algérie de prendre « la responsabilité d’une dégradation brutale » des relations bilatérales.

 

 

 

 

 

 

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