L’autoritaire dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a annoncé mercredi avoir été promu au grade de colonel-général par le président Vladimir Poutine, au moment où les forces de Moscou connaissent des revers en Ukraine. « Le président russe m’a décerné le grade de colonel-général. Le décret a été publié (…) Vladimir Vladimirovitch m’en a personnellement informé et m’a félicité », a déclaré, très ému, Kadyrov, dans une vidéo sur Telegram, disant être « immensément reconnaissant » pour «la haute appréciation de (ses) mérites ».
Le grade de colonel-général est le troisième grade de commandement le plus élevé dans la hiérarchie militaire russe, derrière ceux de général d’armée et de maréchal. Le leader tchétchène était déjà trois fois général avant cette promotion : des forces militaires de l’intérieur, de la police et de la garde nationale de Tchétchénie. Kadyrov, critiqué par les ONG internationales pour les graves violations des droits humains dans sa république, a été très actif depuis le début de l’offensive russe en Ukraine. Des unités tchétchènes, dont la milice personne de Kadyrov à la sinistre réputation, les « kadyrovtsy », y combattent aux côtés des forces régulières russes. Lundi, Kadyrov a annoncé son intention d’envoyer trois de ses fils, des adolescents, pour combattre en Ukraine, tout en appelant à y utiliser « des armes nucléaires de faible puissance » face aux difficultés des troupes russes. Il a également critiqué un autre colonel-général russe, Alexandre Lapine, en charge des opérations autour de Lyman, localité récemment reprise par les forces ukrainiennes, en jugeant que celui-ci n’avait pas fourni « les communications » et les «munitions nécessaires» aux soldats engagés dans la défense de cette ville. Le Kremlin a loué lundi « la contribution héroïque » de Kadyrov, dans l’offensive en Ukraine.
Ramzan Akhmadovitch Kadyrov, né le 5 octobre 1976, à Tsenteroï (URSS), est un homme d'État russe. Il est notamment connu pour ses forces de sécurité controversées, les kadyrovtsy, accusées par diverses ONG d'être impliquées dans des enlèvements, des actes de torture et des assassinats dans le but de verrouiller son rôle dans la région. Pendant la présidence de son père, Akhmad Kadyrov, Ramzan a été chef du service de sécurité de ce dernier. Membre du parti Russie unie, il devient Premier ministre de Tchétchénie le 17 novembre 2005 puis chef de la République tchétchène le 2 mars 2007. Il est un fervent soutien du président russe Vladimir Poutine, dont il se dit un « fidèle fantassin ». Ramzan Kadyrov détient la réalité du pouvoir en Tchétchénie, à côté d'un parlement aux pouvoirs affaiblis et avec le contrôle direct ou indirect de 10 000 à 12 000 hommes armés24, souvent d'anciens combattants anti-russes chevronnés. Publiquement pro-fédéral et ostensiblement anti-wahhabite, se montrant souvent à côté de Vladimir Poutine, il prône, d'un autre côté, une islamisation de la société tchétchène.
