Du 16 octobre au 13 décembre 2026, la Maison des Mondes Africains (MansA) ouvre ses portes à une exposition consacrée à Amílcar Cabral. Avec « Amílcar Cabral : pour un humanisme radical », l’institution parisienne propose, en accès libre, un parcours entre histoire, art contemporain et réflexion sur l’émancipation des peuples.
Amílcar Cabral n’est pas seulement une figure des luttes pour les indépendances africaines. Ingénieur agronome, intellectuel et dirigeant indépendantiste, il a développé une pensée dans laquelle la culture, la connaissance et la capacité des peuples à prendre en main leur propre destin occupaient une place centrale. C’est cet héritage que la MansA entend revisiter à travers une exposition qui ne se limite pas au récit historique. Le parcours met en relation la pensée de Cabral avec les interrogations du monde contemporain. Le titre de l’exposition résume cette volonté de dépasser le simple hommage. L’expression « humanisme radical » renvoie à une conception de l’émancipation qui place l’être humain au centre des transformations sociales et politiques. Pour Cabral, la libération ne pouvait pas se réduire à la fin de la domination coloniale. Elle supposait également une reconquête de la culture, de la mémoire et du savoir. Comprendre son histoire et sa société constituait, à ses yeux, une condition pour pouvoir agir sur son avenir. Cette pensée est aujourd’hui mise en dialogue avec des questions telles que la souveraineté, les migrations, les inégalités, l’écologie et les rapports de pouvoir.
L’exposition rassemble les travaux de plusieurs artistes contemporains, parmi lesquels Nú Barreto, Diogo Bento, Filipa César, Mónica de Miranda, Bento Oliveira, Hamedine Kane, Yuran Henrique, Sónia Vaz Borges et Sarah Maldoror. Photographies, films, dessins, installations et textiles composent un parcours où la mémoire de Cabral rencontre les préoccupations artistiques du présent. L’objectif n’est donc pas seulement de rappeler ce que fut le combat de Cabral en Guinée-Bissau, un pays lusophone situé en Afrique de l’ouest, mais d’interroger ce que sa pensée peut encore produire comme réflexion aujourd’hui. La manifestation sera accompagnée de rencontres, débats, projections, performances et propositions musicales. Des films de Sarah Maldoror permettront notamment de revenir sur les liens entre création artistique, culture et luttes anticoloniales.
Le rappeur et producteur Rocé participe également au projet à travers une création sonore nourrie d’archives musicales liées aux luttes anticoloniales et aux indépendances africaines. En choisissant un accès libre, la MansA souhaite favoriser la rencontre entre cette figure majeure de l’histoire africaine et un public le plus large possible. Étudiants, chercheurs, amateurs d’art, membres des diasporas africaines ou simples visiteurs pourront ainsi découvrir l’exposition sans contrainte tarifaire. À travers Cabral, c’est finalement une question qui est posée : comment la culture, la connaissance de l’histoire et la capacité à penser par soi-même peuvent-elles contribuer à l’émancipation ? Une question qui dépasse largement le cadre des luttes anticoloniales et donne à cette exposition une résonance particulière dans le monde contemporain.
