Brice Oligui Nguema élu président du Gabon avec 90,35 % des voix

Brice Oligui Nguema élu président du Gabon avec 90,35 % des voix

Par XYyjQkQ2mA13 avril 20254 min de lecture

Le général Brice Clotaire Oligui Nguema a été élu président du Gabon avec plus de 90% des voix, 19 mois après son coup d’État d'août 2023, selon les résultats provisoires annoncés dimanche au ministère de l'Intérieur.

Le chef de la transition gabonaise, Brice Oligui Nguema, a remporté l'élection présidentielle de samedi avec 90,35 % des voix, selon les résultats provisoires publiés aujourd'hui par le ministère de l'intérieur du pays. Sa victoire électorale consolide son emprise sur le pouvoir près de deux ans après le coup d'État contre l'ancien président Ali Bongo. « M. Brice Clotaire Oligui Nguema est élu (président) à la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 575 222 voix », a annoncé le ministre de l'intérieur, Hermann Immongault. Il est suivi par son principal adversaire, l'ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-by-Nze, qui a servi sous le régime Bongo et qui a obtenu 3,02 % des voix. Le taux de participation est estimé à plus de 70,4 %, ce qui représente une baisse considérable par rapport aux plus de 87 % annoncés quelques heures après le scrutin de samedi. Sur les 636 606 votants, 25859 bulletins blancs ou nuls ont été décomptés et 610 747 suffrages ont été valablement exprimés, selon le ministère de l'intérieur. Huit candidats étaient en lice pour cette élection, dont une seule femme, Gninga Chaning Zenaba. Parmi les autres prétendants à la présidence figuraient également deux piliers de l'ancien parti au pouvoir le PDG, Stéphane Germain Iloko et Alain Simplice Boungouères.

Les autorités et certains observateurs ont salué le déroulement transparent et pacifique du scrutin, bien que certains électeurs et le principal opposant Alain Claude Bilie-by-Nze se soient plaints de défaillances dans l'organisation. L'élection présidentielle marque officiellement la fin de la transition militaire, faisant entrer ce pays d'Afrique centrale riche en pétrole dans sa cinquième république. Le coup d'État d'août 2023 a mis fin à près de six décennies de règne de la famille Bongo, caractérisé par des allégations de corruption, de mauvaise gouvernance, de détournement de fonds et d'autres maux. Lors de la campagne électorale, Oligui Nguema, 50 ans, ancien commandant de la Garde républicaine du Gabon, a promis de débarrasser le pays de ces vices qui ont terni l'image du pays. Avant les élections, les critiques ont affirmé que la constitution et le code électoral avaient été conçus pour offrir aux militaires une voie confortable vers le poste le plus élevé. Quelque 920 000 électeurs étaient appelés à voter dans 3 037 bureaux de vote, dont 96 à l'étranger. La confirmation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle est attendue dans les prochains jours.

Ce scrutin marque le retour à l'ordre constitutionnel après le coup d'État d'août 2023 qui a mis fin au règne de la dynastie Bongo, au pouvoir depuis plus de cinq décennies. Le Gabon est confronté à de multiples urgences : chômage élevé, coupures d'électricité, infrastructures en ruine, services publics fragiles et une dette publique estimée à 73,3 % du PIB. Cette petite nation d'Afrique centrale, riche en pétrole et en bois, ne compte que 2,5 millions d'habitants. Malgré ses ressources, environ 35 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté de 1,25 euros par jour.

Le nouvel homme fort du Gabon est né dans la province du Haut-Ogooué. Cette région est un fief de la famille Bongo et certains disent même que le général Nguema est le cousin d'Ali Bongo. Le général Nguema a suivi les traces de son père et a poursuivi une carrière militaire. Très jeune, il a rejoint la puissante unité de la Garde républicaine du Gabon, après avoir été formé à la prestigieuse académie militaire du Maroc. Ce jeune officier ambitieux a rapidement attiré l'attention des hauts gradés de l'armée et est devenu l'assistant du président de l'époque, Omar Bongo, qui était le père d'Ali Bongo. On dit que Brice Oligui Nguema était extrêmement proche d'Omar Bongo, qu'il a servi jusqu'à sa mort en 2009. Lorsque Ali Bongo a succédé à son père en 2009, le Généréal Nguema a été démis de ses fonctions. Il a commencé ce que les médias locaux ont décrit à l'époque comme un « exil », en servant pendant près de 10 ans comme attaché aux ambassades du Gabon au Maroc et au Sénégal.

 

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