Paul Watson restera enfermé en cellule jusqu’au 2 octobre prochain. Le tribunal de Nuuk, capitale du Groenland, a ordonné le 4 septembre le maintien en détention du fondateur de Sea Shepherd. Selon un communiqué, cette détention a été prolongée le temps que le tribunal recherche davantage de preuves. Toutefois, l’avocat de l’Américano-Canadien de 73 ans conteste cette décision, arguant que les conditions de sa détention ne sont pas réunies en raison du manque de preuves concrètes et de la nature du crime allégué. Selon les lois japonaise et groenlandaise, de simples accusations ne suffisent pas : il faut des preuves concrètes. Alors que les Japonais étaient autorisés à présenter leur version des événements au moyen de preuves vidéo, nos images n'étaient toujours pas autorisées dans le cadre des débats. L’avocat souligne également que la gravité de l’incident doit être soigneusement étudiée, d’autant plus que la bombe puante n’a causé aucun dommage. Même si l’on prétend qu’il y a un danger potentiel, l’impact réel doit être pesé pour justifier le maintien de Paul en détention.
Le 21 juillet, Paul Watson a été interpellé à bord de son navire dans le port de la capitale du territoire autonome danois. Une arrestation basée sur une notice rouge d’Interpol, émise en 2012. À cette époque, le Japon l’accusait d’être coresponsable de dommages et blessures causés dans un baleinier nippon deux ans auparavant, lors d’une action orchestrée par Sea Shepherd. Toujours en s’appuyant sur cette vieille affaire, le pays a formulé une demande d’extradition du militant le 31 juillet, auprès du ministère de la Justice du Danemark. L’examen de celle-ci est toujours en cours, assure l’AFP. Les avocats de Paul Watson dénoncent un mandat d’arrêt reposant sur des données fallacieuses. Leur demande de diffusion d’extraits vidéos relatifs aux événements concernés a été rejetée lors de l’audience, et l’accusé n’a pas eu le droit à un interprète. L’un des avocats du marin, François Zimeray, dénonce la « présomption de culpabilité » prédominant au Japon : « Les procureurs sont fiers d’annoncer qu’ils ont un taux de condamnation de 99,6 % », a-t-il déploré.
Paul Watson, qui risque de finir sa vie derrière les barreaux, a déclaré en fin d’audience « que ses deux petits garçons avaient plus besoin de lui que le Japon n’a besoin de sa vengeance », a précisé à l’AFP Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France. Une pétition pour réclamer sa libération est toujours en cours. Connu pour son combat acharné contre la chasse à la baleine, la chasse aux phoques et, plus globalement, l’anéantissement du monde marin, Paul Watson a de nombreuses fois eu maille à partir avec la justice. Sa défense de la « non-violence agressive », qui consiste à s’opposer de manière frontale aux navires des braconniers, notamment en les coulant, sans toutefois blesser quiconque, lui a valu plusieurs démêlés judiciaires.
