Réunis à Rio de Janeiro, les chefs d'État et de gouvernement du G20, principal forum de coopération économique internationale, ont approuvé une proposition de taxation progressive, qui prévoit une taxation effective des personnes considérées comme extrêmement riches. La proposition figure dans le communiqué final du sommet, publié lundi après-midi (18 novembre), le premier jour de la réunion annuelle. « Dans le plein respect de la souveraineté fiscale, nous chercherons à coopérer pour garantir que les personnes fortunées soient effectivement imposées. La coopération peut inclure l’échange de bonnes pratiques, la promotion des débats sur les principes fiscaux et l’élaboration de mécanismes anti-évasion fiscale, tels que la lutte contre les pratiques fiscales potentiellement néfastes. Nous sommes impatients de poursuivre les discussions sur ces questions au sein du G20 et d’autres forums pertinents, en nous appuyant sur les contributions techniques des organisations internationales, des universités et des experts », indique le document, dont le contenu final a été approuvé par consensus. Selon les estimations du ministère brésilien des Finances, une taxe de 2 % sur la fortune des super-riches pourrait générer 250 milliards de dollars par an, à investir dans la lutte contre les inégalités et dans le financement de la transition écologique. Ce groupe d’individus ultra-riches comprend environ 3 000 personnes, dont les actifs cumulés s’élèvent à environ 15 000 milliards de dollars, soit plus que le PIB de la plupart des pays. Le texte du G20 ne propose toutefois pas de taux d’imposition spécifique.
La charte finale du G20 préconise également une fiscalité progressive, qui imposerait les individus disposant de ressources plus importantes à des taux plus élevés. Cette approche est présentée comme l’un des « outils clés pour réduire les inégalités internes, renforcer la viabilité budgétaire, promouvoir l’assainissement budgétaire, favoriser une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive, et faciliter la réalisation des Objectifs de développement durable ». La France, l'Allemagne et l'Afrique du Sud ont exprimé leur soutien, affirmant que l'argent est nécessaire pour aider les nations vulnérables au climat et stimuler les investissements verts.
L'inquiétude face à la crise climatique a atteint de nouveaux sommets en Espagne après les inondations soudaines survenues à Valence ce mois-ci, qui ont fait plus de 200 morts et d'importants dégâts aux habitations et aux infrastructures. Parmi les pays de l'UE, l'Espagne est la plus touchée par le changement climatique. Barcelone, la deuxième plus grande ville du pays, s'empresse de construire des usines de dessalement afin de garantir l'approvisionnement en eau en cas de sécheresse. Malgré les ravages causés par les changements climatiques, l’économie espagnole est en plein essor. Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 2,9 % cette année, soit plus rapide que celle de toutes les économies du G7, y compris les États-Unis. Ce rebond est en partie dû au tourisme, qui a connu un regain de vigueur après la pandémie, entraînant son lot de complications en raison de la surpopulation et de la pression sur les réserves d’eau et d’autres ressources.
