Paris, terre d’accueil un sommet sur l'Intelligence Artificielle

Paris, terre d’accueil un sommet sur l'Intelligence Artificielle

Par XYyjQkQ2mA08 février 20254 min de lecture

En début de semaine prochaine, Paris accueillera le Sommet français sur l’intelligence artificielle, une autre rencontre mondiale axée sur l’exploitation du pouvoir de l’IA pour un avenir bénéfique. L’un des thèmes clés de la conférence est la conception de structures permettant d’utiliser l’IA à bo...

En début d’année dernière, Anne Bouverot mettait la dernière main à un rapport lorsqu’elle a reçu un appel téléphonique urgent. Il s’agissait de l’un des conseillers du président français Emmanuel Macron qui lui proposait le poste d’envoyée spéciale pour l’intelligence artificielle. Ce poste non rémunéré impliquerait de diriger les préparatifs du Sommet d’action sur l’IA en France, un rassemblement où chefs d’État, PDG de la technologie et représentants de la société civile chercheront à tracer la voie de l’avenir de l’IA. Prévu pour se tenir les 10 et 11 février au palais présidentiel de l’Élysée à Paris, ce sera le premier rassemblement de ce type depuis le sommet virtuel sur l’IA de Séoul en mai, et la première réunion en personne depuis novembre 2023, lorsque les dirigeants mondiaux se sont réunis à Bletchley Park pour le premier sommet britannique sur la sécurité de l’IA. Après avoir étudié l’offre, Anne Bouverot, qui était à l’époque coprésidente de la Commission française sur l’IA, a accepté. Mais le sommet français ne sera pas comme les autres. Alors que le sommet britannique était centré sur la réduction des risques catastrophiques, comme l’aide de l’IA aux terroristes potentiels pour créer des armes de destruction massive ou les systèmes futurs échappant au contrôle humain, la France a rebaptisé l’événement « AI Action Summit », déplaçant le débat vers une gamme plus large de risques, notamment la perturbation du marché du travail et l’impact environnemental de la technologie, tout en gardant les opportunités au premier plan. « Nous élargissons le débat, par rapport à Bletchley Park », explique Bouverot. Parmi les participants attendus au sommet figurent le patron d’OpenAI, Sam Altman, le directeur de Google, Sundar Pichai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le chancelier allemand Olaf Scholz et le vice-président américain JD Vance.

Certains voient dans ce changement de cap une correction nécessaire à ce qu’ils considèrent comme un battage médiatique et une hystérie autour des dangers de cette technologie. D’autres, dont certains des plus grands scientifiques du monde en IA – dont certains ont contribué au développement des technologies fondamentales du domaine, craignent que les questions de sécurité ne soient reléguées au second plan. « L’opinion au sein de la communauté des personnes préoccupées par la sécurité est que celle-ci a été rétrogradée », déclare Stuart Russell, professeur de génie électrique et d’informatique à l’Université de Californie à Berkeley, et co-auteur du manuel de référence sur l’IA utilisé dans plus de 1 500 universités. Le sommet de Paris intervient à un moment crucial du développement de l’IA, où les PDG des plus grandes entreprises estiment que cette technologie égalera l’intelligence humaine d’ici quelques années. Si les craintes de risques catastrophiques sont exagérées, il serait judicieux de se concentrer sur les défis immédiats pour éviter de réels dommages tout en favorisant l’innovation et en répartissant les bénéfices de l’IA à l’échelle mondiale. Mais si les récents progrès des capacités de l’IA, et les signes émergents de comportements trompeurs, sont des signes avant-coureurs de risques plus graves, minimiser ces inquiétudes pourrait nous laisser mal préparés aux défis cruciaux à venir.

Bouverot n’est pas étrangère à la politique des nouvelles technologies. Au début des années 2010, elle occupait le poste de directrice générale de la Global System for Mobile Communications Association, un organisme industriel qui promeut des normes interopérables entre les fournisseurs de téléphonie mobile à l’échelle mondiale. « En un mot, ce rôle, qui était en réalité celui des télécommunications, était aussi celui de la diplomatie », dit-elle. De là, elle a pris la direction de Morpho (aujourd’hui IDEMIA), où elle a dirigé l’entreprise française de reconnaissance faciale et de biométrie jusqu’à son acquisition en 2017. Elle a ensuite cofondé la Fondation Abeona, une organisation à but non lucratif qui promeut une « IA responsable ». Son travail au sein de cette organisation l’a amenée à être nommée coprésidente de la Commission IA de la France, où elle a élaboré une stratégie pour que le pays puisse s’établir comme un leader mondial de l’IA.

 

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